Conseils pour mieux débattre

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Prenez ce qui est utile et laissez le reste.

Énervement = STOP

Quelle que soit la situation, si vous ou votre interlocuteur s'énerve, il faut tout de suite s'arrêter !

  • Si c'est vous qui vous énervez, prenez le temps de vous excuser. Même si la personne en face dit des horreurs ou des énormités, ce n'est jamais une excuse pour monter le ton. Il faut aussi garder en tête que ça arrive très souvent avec ses plus proches et en particulier les membres de sa famille.

Désolé, je suis en train de m'emporter. C'est un sujet qui me tient à coeur mais c'est pas une excuse. Si ca te va, on change de sujet et on en reparle tout à l'heure ?

  • Si c'est l'autre personne, calmez immédiatement le jeu.

Ai-je dit quelque chose qui t'as blessé ?

Veux-tu qu'on continue ? Sinon c'est pas grave on en parlera une autre fois. Le but c'est de discuter pas de s'énerver.

Égalité des points de vue / pas de pédance

Nous sommes toutes et tous des citoyens égaux. À ce titre chaque avis est valable même dans le cas extrême où, de notre point de vue, il nous paraît entendre une énormité de bêtise ou de violence. À nous d'être bons en argumentation pour exhiber en quoi ce raisonnement est faux ou en quoi il ne tient pas la route.

Et lorsque nous n'y parvenons pas, c'est l'occasion d'aller retravailler notre argumentation pour revenir à la charge plus efficacement.

L'interêt de cet état d'esprit est double :

  • L'efficacité: braquer quelqu'un ne sera jamais bon pour le/la faire évoluer.
  • Cela permet de prendre une forme de recul sur le débat en l'abordant avec plus de légereté, parfois presque comme un jeu ("vais-je réussir à trouver la contradiction ?")

Croire en la bonne foi et l'intelligence de l'autre

Toujours partir du principe que son interlocuteur est de bonne foi et intelligent.

Si certains ou certaines sont vraiment butés par égo ou mauvaise foi, la plupart des gens sont au contraire de bonne foi. Il faut croire en cela, discuter, ne pas désespérer. Les graines plantées poussent parfois de façons spéctaculaires des mois ou des années après !

Sur un plan plus philosophique, croire que chaque personne peut évoluer est au coeur même des idées progressistes et humanistes. C'est donc l'occasion de l'appliquer de façon concrète ! (Attention cependant à ne pas tomber dans la pédance (cf argument "égalité des points de vue"))

Conflit d'idées et pas jugement de personne

Nous ne sommes pas au tribunal !

Les médias diffusent en permanence des idées pourries, c'est normal qu'elles atterrissent à un moment dans nos bouches ou celles de nos proches.

La solution c'est justement d'en parler. Si quelqu'un dit quelque chose qui vous paraît choquant, combattez ardemment cette idée par des arguments mais n'attaquez jamais la personne qui la prononce.

Et pas de tabou ! Encouragez votre interlocuteur.rice à dire tout ce qu'il ou elle pense, même si ce n'est pas joli. Il est bon que ca sorte. Discutez, ne jugez pas et gardez en tête que c'est parfois une grande marque de confiance que l'autre discute ouvertement avec vous.

Assumer le conflit et la radicalité

Même si vous êtes le ou la seul.e du groupe ou à table à tenir une position, tenez-là sans rougir ! Vous serez étonnés d'à quel point ça peut être encourageant a posteriori pour certain.es qui écoutent mais ne disent rien sur le coup:

Ça fait du bien d'entendre quelqu'un aborder le sujet de ...

Ça fait du bien d'entendre quelqu'un parler avec autant d'enthousiasme de ...

De même, il ne faut pas avoir honte d'assumer une certaine radicalité lorsque c'est ce que l'on pense. Ex:

Ah oui, la taxe Zucman ? Si ça tenait qu'à moi, je ne leur laisserais que 2%.

Sur un plan plus philosophique, c'est le conflit d'idées qui permet de faire naître la conscience et la connaissance. Il faut pouvoir dire non pour savoir pourquoi on dit oui. C'est comme ca qu'on fait réfléchir et que l'on réfléchit soi-même.

Avoir un objectif raisonnable à chaque conversation

Soyons stratège ! Si quelqu'un a voté à droite ou à l'extrême droite toute sa vie nous n'allons pas l'amener à chanter les louanges de la taxe Zucman en une conversation ! Cherchons plutôt des objectifs atteignables:

Quelques ex:

  • Amener à regarder une vidéo que vous lui enverrez sur un sujet dont vous avez parlé.
  • Si la personne dit "Oui c'est vrai, je ne savais pas que ..." ou "j'y avais jamais pensé" c'est déjà une énorme victoire ! Nous avons fait réfléchir.
  • Chercher à exhiber une contradiction

Tiens toi qui est un vrai patriote, ça te dérange pas que le RN se soit écrasé devant Trump à l'occasion de ...

"Service après vente"

Après une conversation, envoyer

  • une et une seule vidéo, citation ou article
  • choisir la ressource la plus courte et la plus synthétique possible
  • suggérer de la regarder mais ne jamais insister dessus ensuite

C'est ok de moins parler

Ce n'est pas parce que vous parlez beaucoup moins que votre interlocuteur.rice que ce n'est pas efficace. C'est même souvent le contraire !

Laisser la personne s'exprimer, même longuement et quand vous n'êtes pas d'accord, être comme Columbo à la recherche de contradictions ! Dès que vous en trouvez une, c'est gagné !

Ex:

  • (un long laïus sur le gaspillage de l'argent publique)
  • Oui je suis d'accord avec toi, c'est insupportable que l'Etat gaspille tout cet argent! Du coup t'en penses quoi des 200 milliards donnés aux entreprises sans aucune contrepartie ?

Dire "je"

Dans de nombreux groupes de parole, il est d'usage de dire "je" parce que "je ne peux partager que ma propre expérience". Cette habitude a plusieurs points positifs lorsqu'elle est utilsée dans un débat:

  • dire "je" libère l'autre. Ce que vous dites n'implique que vous, c'est votre avis et ça autorise implicitement les autres à avoir le leur. (cf "égalité des points de vue")

  • ca marche aussi pour les interlocuteurs. Quand ils ou elles disent "on ne peut plus" ou "du coup tu te retrouves à payer ...". on peut relever calmement et amener l'autre à assumer de parler en son nom.

quand tu dis on, tu parles de toi ?

Aborder les sujets par "leur droite"

L'idée générale de ce point est que chaque personne a des valeurs qui lui sont chères et quand on en a identifié une, il est souvent plus efficace d'aborder les sujets par ce biais là. Quelques ex:

  • avec un libéral ou un macroniste convaincu, aborder les sujets par l'angle du mérite et du travail (ex: quel est le mérite d'un rentier ?)
  • avec quelqu'un d'extrême droite, aborder les sujets par l'angle du patriotisme. (Ex: ca te va toi que Bardella ne critique jamais Trump ?)
  • avec quelqu'un de très religieux, aborder les sujets par l'angle de la piété ou en citant leurs textes sacrés (ex: n'est-t-il pas bon selon toi de toujours partager plus en ces temps où les gens ont faim ?)

Eviter la psychologisation: ramener aux faits, aux chiffres et à la politique

Evitez à tout prix la psychologisation de la politique. C'est une façon de rendre la politique irrationnelle et d'éviter de débattre sur le fond.

Autant que possible, ramener aux faits, à qui a fait quoi, à qui a voté quoi.

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