Prenez ce qui est utile et laissez le reste.
Quelle que soit la situation, si vous ou votre interlocuteur s'énerve, il faut tout de suite s'arrêter !
Désolé, je suis en train de m'emporter. C'est un sujet qui me tient à coeur mais c'est pas une excuse. Si ca te va, on change de sujet et on en reparle tout à l'heure ?
Ai-je dit quelque chose qui t'as blessé ?
Veux-tu qu'on continue ? Sinon c'est pas grave on en parlera une autre fois. Le but c'est de discuter pas de s'énerver.
Nous sommes toutes et tous des citoyens égaux. À ce titre chaque avis est valable même dans le cas extrême où, de notre point de vue, il nous paraît entendre une énormité de bêtise ou de violence. À nous d'être bons en argumentation pour exhiber en quoi ce raisonnement est faux ou en quoi il ne tient pas la route.
Et lorsque nous n'y parvenons pas, c'est l'occasion d'aller retravailler notre argumentation pour revenir à la charge plus efficacement.
L'interêt de cet état d'esprit est double :
Toujours partir du principe que son interlocuteur est de bonne foi et intelligent.
Si certains ou certaines sont vraiment butés par égo ou mauvaise foi, la plupart des gens sont au contraire de bonne foi. Il faut croire en cela, discuter, ne pas désespérer. Les graines plantées poussent parfois de façons spéctaculaires des mois ou des années après !
Sur un plan plus philosophique, croire que chaque personne peut évoluer est au coeur même des idées progressistes et humanistes. C'est donc l'occasion de l'appliquer de façon concrète ! (Attention cependant à ne pas tomber dans la pédance (cf argument "égalité des points de vue"))
Nous ne sommes pas au tribunal !
Les médias diffusent en permanence des idées pourries, c'est normal qu'elles atterrissent à un moment dans nos bouches ou celles de nos proches.
La solution c'est justement d'en parler. Si quelqu'un dit quelque chose qui vous paraît choquant, combattez ardemment cette idée par des arguments mais n'attaquez jamais la personne qui la prononce.
Et pas de tabou ! Encouragez votre interlocuteur.rice à dire tout ce qu'il ou elle pense, même si ce n'est pas joli. Il est bon que ca sorte. Discutez, ne jugez pas et gardez en tête que c'est parfois une grande marque de confiance que l'autre discute ouvertement avec vous.
Même si vous êtes le ou la seul.e du groupe ou à table à tenir une position, tenez-là sans rougir ! Vous serez étonnés d'à quel point ça peut être encourageant a posteriori pour certain.es qui écoutent mais ne disent rien sur le coup:
Ça fait du bien d'entendre quelqu'un aborder le sujet de ...
Ça fait du bien d'entendre quelqu'un parler avec autant d'enthousiasme de ...
De même, il ne faut pas avoir honte d'assumer une certaine radicalité lorsque c'est ce que l'on pense. Ex:
Ah oui, la taxe Zucman ? Si ça tenait qu'à moi, je ne leur laisserais que 2%.
Sur un plan plus philosophique, c'est le conflit d'idées qui permet de faire naître la conscience et la connaissance. Il faut pouvoir dire non pour savoir pourquoi on dit oui. C'est comme ca qu'on fait réfléchir et que l'on réfléchit soi-même.
Soyons stratège ! Si quelqu'un a voté à droite ou à l'extrême droite toute sa vie nous n'allons pas l'amener à chanter les louanges de la taxe Zucman en une conversation ! Cherchons plutôt des objectifs atteignables:
Quelques ex:
Tiens toi qui est un vrai patriote, ça te dérange pas que le RN se soit écrasé devant Trump à l'occasion de ...
Après une conversation, envoyer
Ce n'est pas parce que vous parlez beaucoup moins que votre interlocuteur.rice que ce n'est pas efficace. C'est même souvent le contraire !
Laisser la personne s'exprimer, même longuement et quand vous n'êtes pas d'accord, être comme Columbo à la recherche de contradictions ! Dès que vous en trouvez une, c'est gagné !
Ex:
- (un long laïus sur le gaspillage de l'argent publique)
- Oui je suis d'accord avec toi, c'est insupportable que l'Etat gaspille tout cet argent! Du coup t'en penses quoi des 200 milliards donnés aux entreprises sans aucune contrepartie ?
Dans de nombreux groupes de parole, il est d'usage de dire "je" parce que "je ne peux partager que ma propre expérience". Cette habitude a plusieurs points positifs lorsqu'elle est utilsée dans un débat:
dire "je" libère l'autre. Ce que vous dites n'implique que vous, c'est votre avis et ça autorise implicitement les autres à avoir le leur. (cf "égalité des points de vue")
ca marche aussi pour les interlocuteurs. Quand ils ou elles disent "on ne peut plus" ou "du coup tu te retrouves à payer ...". on peut relever calmement et amener l'autre à assumer de parler en son nom.
quand tu dis on, tu parles de toi ?
L'idée générale de ce point est que chaque personne a des valeurs qui lui sont chères et quand on en a identifié une, il est souvent plus efficace d'aborder les sujets par ce biais là. Quelques ex:
Evitez à tout prix la psychologisation de la politique. C'est une façon de rendre la politique irrationnelle et d'éviter de débattre sur le fond.
Autant que possible, ramener aux faits, à qui a fait quoi, à qui a voté quoi.
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